ENQUÊTES - DISTRIBUTION - Logistique
L’accord passé fin décembre 2020 entre le gouvernement de Boris Johnson et l’UE, représentée par Michel Barnier, a certes permis d’éviter l’application de tarifs douaniers, mais a complexifié les règles concernant les flux de marchandises entre les deux parties en isolant le Royaume-Uni hors de tout système existant comme le montre le graphique ci-contre.
Tout changement implique une période de rodage et un changement aussi considérable que celui qui nous occupe ne fait pas exception, d’autant que les nouvelles règles n’ont été connues que quelques jours avant leur mise en place.
Une mise en place dans la confusion
Les importateurs britanniques de vin se sont donc préparés autant que faire se peut à la nouvelle donne mais aucun n’avait anticipé la complexité des nouvelles règles ni la confusion qui a régné – et qui règne encore dans certains cas sur leur interprétation – ni l’absence d’experts qualifiés, indépendants ou gouvernementaux, pour guider les opérateurs dans ce nouveau dédale. De nombreux importateurs ont dû réinventer leur logistique du jour au lendemain avec les coûts additionnels et les marges d’erreur que cela suppose. Comme le dit Noel Reid de Noel Reid Wines : « Personne n’était prêt au 1er janvier. Certains transporteurs ne sont toujours pas prêts et délèguent la paperasse aux producteurs. »
Il n’est donc pas surprenant que le bilan des derniers quatre mois soit négatif, à une exception près : grâce au succès de la campagne de vaccination britannique, la livre sterling, qui avait du plomb dans l’aile depuis juin 2016 et a parfois flirté avec la parité avec l’euro, a repris du poil de la bête et est remontée à presque 1,20 € fin mars 2021, aidant ainsi certains importateurs à absorber une partie des coûts supplémentaires engendrés par le Brexit.
Les chiffres de la Food and Drink Federation indiquent que les importations de produits agroalimentaires en provenance de l’UE sont passées de 2,6 Md£ en janvier 2020 à 1,9 M£d en janvier 2021, soit une chute de 24,8%. Sur la même période, les importations de produits agroalimentaires venant du reste du monde sont restées étales à 1,2 Md£. Le problème est donc bien dû aux nouvelles règles de fonctionnement entre le Royaume-Uni et l’Union européenne et, même s’il faut tempérer ces chiffres par une logique de stockage anticipatoire fin 2020, le problème est de taille.
La baisse des échanges renchérit les coûts
Dans le sens inverse, les exportations de produits agroalimentaires britanniques à destination de l’UE ont chuté de 1 Md£ à 256,4 M£, soit -75,5%. Hors sujet ? Absolument pas : entre les problèmes logistiques liés à l’épidémie de Covid et ceux causés par cette baisse dramatique des exportations britanniques vers le continent, l’équilibre du trafic transmanche a capoté. Jancis Robinson écrit dans un article récent que 30 à 50% des camions de Freight Transport, un transporteur spécialisé dans le vin, rentrent vides du Royaume-Uni vs 5% en 2020. Les camions vides, ça coûte cher.
Selon les sources, les coûts de transport auraient augmenté de 5 à 20%. Comme toujours, les gros opérateurs sont les moins affectés et ce sont les petits qui paient les pots cassés. Le grossiste importateur gallois Daniel Lambert, un opposant farouche du nouveau système, rapporte que les coûts de transport d’une palette seraient passés de 180 £ en 2020 à 400 £ dans le pire des cas.
Surcharge administrative
Bien sûr, ces augmentations ne sont pas uniquement causées par le déséquilibre du trafic transmanche. C’est la montagne paperassière qui accompagne maintenant chaque expédition qui représente la majorité des coûts.
Miles Beale, DG de la Wine and Spirit Trade Association (WSTA), le syndicat de la profession des V&S en Grande-Bretagne, résume la situation ainsi : « Il y a eu des changements fondamentaux dans les règles gouvernant l’exportation des vins européens vers le Royaume-Uni et nous sommes passés de six étapes à quinze avec, en sus, la nécessité de gérer de multiples systèmes. »
Les importateurs britanniques ont maintenant besoin d’un numéro EORI (economic operators registration and identification) délivré par les douanes britanniques. Les délais d’obtention n’ont pas toujours été aussi rapides que ce qui était annoncé.Ensuite, le doigt est pointé vers CHIEF, le système britannique qui remplace la base de données EMCS de l’UE. EMCS est 100% électronique. CHIEF, déjà considéré comme obsolète en 2010, est basé sur un support papier, un anachronisme en 2021.
Ceux qui ont les moyens d'utiliser les services d’un agent en douane des deux côtés de la Manche ont des coûts supplémentaires mais s'en sortent mieux. Ceux qui ont moins de moyens « galèrent ».
Les petites marques pénalisées
Pour un producteur français, par exemple, faire remplir la déclaration d’exportation EX1 par un tiers coûte entre 50 et 70 € par expédition en sus des frais initiaux, un montant non négligeable pour de petits volumes. Si c’est l’importateur britannique qui paye, l’addition revient à 110 £ au minimum par expédition, un coût supportable pour un camion de 18 000 bouteilles mais punitif pour une palette de 600 cols.
Qui dit papier, dit potentiel d’erreur. « Computer says no » est une repartie humoristique classique en anglais. C’est cependant parfois commode de pouvoir compter sur un ordinateur pour éviter les erreurs humaines. Le papier, lui, ne sait pas dire non et si erreur il y a, c’est au minimum un jour de retard pour l’acheminement de la marchandise, parfois plus. Et les délais génèrent aussi des coûts supplémentaires. Certes, les douanes britanniques sont encore relativement tolérantes, mais cela n’aura qu’un temps et certains incidents isolés montrent que la situation risque de ne pas aller en s’arrangeant.
Et où les erreurs sont-elles les plus susceptibles de se produire ? Sur les livraisons de vin de propriétaires récoltants qui n’ont pas forcément des équipes export spécialisées.
Les livraisons en petite quantité de vins milieu de gamme sont les plus vulnérables dans le nouveau système. Il est maintenant couramment admis qu’il n’est plus économique d’importer une seule palette de vin, sauf s’il s’agit d’un très grand vin. En effet, une livre de plus ou de moins ne fera pas beaucoup de différence pour les grands crus qui transitent par Londres. À l’autre bout de la chaîne, les coûts supplémentaires seront en partie dilués pour les vins dits volumiques.
Le Royaume-Uni se targue à juste titre d’être la vitrine mondiale du vin avec une profondeur de gamme et une variété inégalée dans le reste du monde. C’est ce positionnement qui est aujourd’hui menacé avec un vrai risque de consolidation des plus petits importateurs qui ne pourront plus justifier ou financer leur indépendance.
Double peine pour les vins bio
La situation est donc morose mais elle l’est encore plus pour les vins bio, un secteur d’avenir pour la profession. À partir du 1er juillet, les importateurs de vins bio devront non seulement payer un abonnement annuel d’environ 750 £ à la UK’s Soil Association ou son équivalent, mais aussi subir des inspections régulières visant à éviter toute contamination entre produits bio et non bio. Le certificat papier de l’inspection devra être tamponné par l’organisme de certification du producteur, puis accompagner la marchandise pour être inspecté par les autorités douanières : simple et moderne, « n’est-il-pas ? »
Finalement, même si les règles sur l’étiquetage des vins et spiritueux importés depuis l’UE ne vont pas changer d’ici à fin septembre 2022, les producteurs anticipent et commencent à ajouter le nom et l’adresse d’un importateur ou d’un embouteilleur situé au Royaume-Uni sur toutes les étiquettes. Cette contrainte additionnelle peut sembler anodine mais, à nouveau, elle va limiter la diversité de l’offre outre-Manche. En effet, les producteurs risquent de renâcler à créer des étiquettes personnalisées pour de micro-importateurs. Et du point de vue de l’importateur, c’est une responsabilité légale supplémentaire à prendre en compte avec, éventuellement, des coûts associés en cas de problème de qualité.
Premiers déboires commerciaux avérés
Comme si la situation n’était pas suffisamment compliquée, le trafic d’échantillons entre le Royaume-Uni et l’UE est devenu très aléatoire, que ce soit en termes de délai ou de coûts. Nick Oakley, un importateur de vins portugais, a publiquement déploré avoir perdu une opportunité commerciale de taille parce que ses échantillons n’étaient pas arrivés à temps à la centrale d’achat, une situation inimaginable en 2020.
Marcel Williams, l’acheteur de la Wine Society, s’est plaint sur Twitter du délai considérable de l’acheminement d’échantillons, arrivés par conséquent inutilisables pour l’exercice d’assemblage qu’il avait prévu.
Quasiment tous les journalistes vin ont dû gérer des délais inexplicables ou des coûts supplémentaires sur des échantillons en provenance de l’UE. Et il semblerait qu’aucun courrier, d’UPS à DHL ne soit exempt d’abus inexplicables et injustifiables.
Si la situation n’était pas suffisamment préoccupante, nous avons aussi le spectre de l’introduction – repoussée déjà deux fois – des VI-1 fin 2021. Et même s’il est clair aujourd’hui que la campagne de lobbying de la WSTA a convaincu le gouvernement de l’inutilité de ce document supplémentaire, il semblerait que celui-ci se le garde comme une poire pour la soif dans ses futures négociations avec l’UE.Le Brexit est le résultat d’une idéologie politique et non une décision basée sur des arguments économiques rationnels. C’est aujourd’hui toute une profession qui pédale pour essayer de contourner cet obstacle le plus efficacement possible. Les Britanniques sont pragmatiques, ils y arriveront, mais il y aura des dommages collatéraux : le consommateur britannique, privé d’une diversité et d’un choix qu’il considérait comme normal, et forcé de payer plus pour des vins sortant un peu de l’ordinaire, et les petits producteurs européens. À qui la faute ? Pour ceux qui auraient l’audace de poser la question, il y a un coupable parfait. Il s’appelle Covid.Si la situation n’était pas suffisamment préoccupante, nous avons aussi le spectre de l’introduction – repoussée déjà deux fois – des VI-1 fin 2021. Et même s’il est clair aujourd’hui que la campagne de lobbying de la WSTA a convaincu le gouvernement de l’inutilité de ce document supplémentaire, il semblerait que celui-ci se le garde comme une poire pour la soif dans ses futures négociations avec l’UE.Le Brexit est le résultat d’une idéologie politique et non une décision basée sur des arguments économiques rationnels. C’est aujourd’hui toute une profession qui pédale pour essayer de contourner cet obstacle le plus efficacement possible. Les Britanniques sont pragmatiques, ils y arriveront, mais il y aura des dommages collatéraux : le consommateur britannique, privé d’une diversité et d’un choix qu’il considérait comme normal, et forcé de payer plus pour des vins sortant un peu de l’ordinaire, et les petits producteurs européens. À qui la faute ? Pour ceux qui auraient l’audace de poser la question, il y a un coupable parfait. Il s’appelle Covid.
Logistique : L’après-Brexit
La saga Brexit continue mais, comme disent les enfants, « maintenant c’est pour de vrai ». En effet, bien que la décision des Britanniques de quitter l’Union européenne remonte à juin 2016, ce n’est que depuis le 1er janvier 2021 que le nouveau modus operandi est en place.
L’accord passé fin décembre 2020 entre le gouvernement de Boris Johnson et l’UE, représentée par Michel Barnier, a certes permis d’éviter l’application de tarifs douaniers, mais a complexifié les règles concernant les flux de marchandises entre les deux parties en isolant le Royaume-Uni hors de tout système existant comme le montre le graphique ci-contre.Tout changement implique une période de rodage et un changement aussi considérable que celui qui nous occupe ne fait pas exception, d’autant que les nouvelles règles n’ont été connues que quelques jours avant leur mise en place.
Une mise en place dans la confusion
Les importateurs britanniques de vin se sont donc préparés autant que faire se peut à la nouvelle donne mais aucun n’avait anticipé la complexité des nouvelles règles ni la confusion qui a régné – et qui règne encore dans certains cas sur leur interprétation – ni l’absence d’experts qualifiés, indépendants ou gouvernementaux, pour guider les opérateurs dans ce nouveau dédale. De nombreux importateurs ont dû réinventer leur logistique du jour au lendemain avec les coûts additionnels et les marges d’erreur que cela suppose. Comme le dit Noel Reid de Noel Reid Wines : « Personne n’était prêt au 1er janvier. Certains transporteurs ne sont toujours pas prêts et délèguent la paperasse aux producteurs. »
Il n’est donc pas surprenant que le bilan des derniers quatre mois soit négatif, à une exception près : grâce au succès de la campagne de vaccination britannique, la livre sterling, qui avait du plomb dans l’aile depuis juin 2016 et a parfois flirté avec la parité avec l’euro, a repris du poil de la bête et est remontée à presque 1,20 € fin mars 2021, aidant ainsi certains importateurs à absorber une partie des coûts supplémentaires engendrés par le Brexit.
Les chiffres de la Food and Drink Federation indiquent que les importations de produits agroalimentaires en provenance de l’UE sont passées de 2,6 Md£ en janvier 2020 à 1,9 M£d en janvier 2021, soit une chute de 24,8%. Sur la même période, les importations de produits agroalimentaires venant du reste du monde sont restées étales à 1,2 Md£. Le problème est donc bien dû aux nouvelles règles de fonctionnement entre le Royaume-Uni et l’Union européenne et, même s’il faut tempérer ces chiffres par une logique de stockage anticipatoire fin 2020, le problème est de taille.
La baisse des échanges renchérit les coûts
Dans le sens inverse, les exportations de produits agroalimentaires britanniques à destination de l’UE ont chuté de 1 Md£ à 256,4 M£, soit -75,5%. Hors sujet ? Absolument pas : entre les problèmes logistiques liés à l’épidémie de Covid et ceux causés par cette baisse dramatique des exportations britanniques vers le continent, l’équilibre du trafic transmanche a capoté. Jancis Robinson écrit dans un article récent que 30 à 50% des camions de Freight Transport, un transporteur spécialisé dans le vin, rentrent vides du Royaume-Uni vs 5% en 2020. Les camions vides, ça coûte cher.
Selon les sources, les coûts de transport auraient augmenté de 5 à 20%. Comme toujours, les gros opérateurs sont les moins affectés et ce sont les petits qui paient les pots cassés. Le grossiste importateur gallois Daniel Lambert, un opposant farouche du nouveau système, rapporte que les coûts de transport d’une palette seraient passés de 180 £ en 2020 à 400 £ dans le pire des cas.
Surcharge administrative
Bien sûr, ces augmentations ne sont pas uniquement causées par le déséquilibre du trafic transmanche. C’est la montagne paperassière qui accompagne maintenant chaque expédition qui représente la majorité des coûts.
Miles Beale, DG de la Wine and Spirit Trade Association (WSTA), le syndicat de la profession des V&S en Grande-Bretagne, résume la situation ainsi : « Il y a eu des changements fondamentaux dans les règles gouvernant l’exportation des vins européens vers le Royaume-Uni et nous sommes passés de six étapes à quinze avec, en sus, la nécessité de gérer de multiples systèmes. »
Les importateurs britanniques ont maintenant besoin d’un numéro EORI (economic operators registration and identification) délivré par les douanes britanniques. Les délais d’obtention n’ont pas toujours été aussi rapides que ce qui était annoncé.Ensuite, le doigt est pointé vers CHIEF, le système britannique qui remplace la base de données EMCS de l’UE. EMCS est 100% électronique. CHIEF, déjà considéré comme obsolète en 2010, est basé sur un support papier, un anachronisme en 2021.
Ceux qui ont les moyens d'utiliser les services d’un agent en douane des deux côtés de la Manche ont des coûts supplémentaires mais s'en sortent mieux. Ceux qui ont moins de moyens « galèrent ».
Les petites marques pénaliséesPour un producteur français, par exemple, faire remplir la déclaration d’exportation EX1 par un tiers coûte entre 50 et 70 € par expédition en sus des frais initiaux, un montant non négligeable pour de petits volumes. Si c’est l’importateur britannique qui paye, l’addition revient à 110 £ au minimum par expédition, un coût supportable pour un camion de 18 000 bouteilles mais punitif pour une palette de 600 cols.
Qui dit papier, dit potentiel d’erreur. « Computer says no » est une repartie humoristique classique en anglais. C’est cependant parfois commode de pouvoir compter sur un ordinateur pour éviter les erreurs humaines. Le papier, lui, ne sait pas dire non et si erreur il y a, c’est au minimum un jour de retard pour l’acheminement de la marchandise, parfois plus. Et les délais génèrent aussi des coûts supplémentaires. Certes, les douanes britanniques sont encore relativement tolérantes, mais cela n’aura qu’un temps et certains incidents isolés montrent que la situation risque de ne pas aller en s’arrangeant.
Et où les erreurs sont-elles les plus susceptibles de se produire ? Sur les livraisons de vin de propriétaires récoltants qui n’ont pas forcément des équipes export spécialisées.
Les livraisons en petite quantité de vins milieu de gamme sont les plus vulnérables dans le nouveau système. Il est maintenant couramment admis qu’il n’est plus économique d’importer une seule palette de vin, sauf s’il s’agit d’un très grand vin. En effet, une livre de plus ou de moins ne fera pas beaucoup de différence pour les grands crus qui transitent par Londres. À l’autre bout de la chaîne, les coûts supplémentaires seront en partie dilués pour les vins dits volumiques.
Le Royaume-Uni se targue à juste titre d’être la vitrine mondiale du vin avec une profondeur de gamme et une variété inégalée dans le reste du monde. C’est ce positionnement qui est aujourd’hui menacé avec un vrai risque de consolidation des plus petits importateurs qui ne pourront plus justifier ou financer leur indépendance.
Double peine pour les vins bio
La situation est donc morose mais elle l’est encore plus pour les vins bio, un secteur d’avenir pour la profession. À partir du 1er juillet, les importateurs de vins bio devront non seulement payer un abonnement annuel d’environ 750 £ à la UK’s Soil Association ou son équivalent, mais aussi subir des inspections régulières visant à éviter toute contamination entre produits bio et non bio. Le certificat papier de l’inspection devra être tamponné par l’organisme de certification du producteur, puis accompagner la marchandise pour être inspecté par les autorités douanières : simple et moderne, « n’est-il-pas ? »
Finalement, même si les règles sur l’étiquetage des vins et spiritueux importés depuis l’UE ne vont pas changer d’ici à fin septembre 2022, les producteurs anticipent et commencent à ajouter le nom et l’adresse d’un importateur ou d’un embouteilleur situé au Royaume-Uni sur toutes les étiquettes. Cette contrainte additionnelle peut sembler anodine mais, à nouveau, elle va limiter la diversité de l’offre outre-Manche. En effet, les producteurs risquent de renâcler à créer des étiquettes personnalisées pour de micro-importateurs. Et du point de vue de l’importateur, c’est une responsabilité légale supplémentaire à prendre en compte avec, éventuellement, des coûts associés en cas de problème de qualité.
Premiers déboires commerciaux avérésComme si la situation n’était pas suffisamment compliquée, le trafic d’échantillons entre le Royaume-Uni et l’UE est devenu très aléatoire, que ce soit en termes de délai ou de coûts. Nick Oakley, un importateur de vins portugais, a publiquement déploré avoir perdu une opportunité commerciale de taille parce que ses échantillons n’étaient pas arrivés à temps à la centrale d’achat, une situation inimaginable en 2020.
Marcel Williams, l’acheteur de la Wine Society, s’est plaint sur Twitter du délai considérable de l’acheminement d’échantillons, arrivés par conséquent inutilisables pour l’exercice d’assemblage qu’il avait prévu.
Quasiment tous les journalistes vin ont dû gérer des délais inexplicables ou des coûts supplémentaires sur des échantillons en provenance de l’UE. Et il semblerait qu’aucun courrier, d’UPS à DHL ne soit exempt d’abus inexplicables et injustifiables.
Si la situation n’était pas suffisamment préoccupante, nous avons aussi le spectre de l’introduction – repoussée déjà deux fois – des VI-1 fin 2021. Et même s’il est clair aujourd’hui que la campagne de lobbying de la WSTA a convaincu le gouvernement de l’inutilité de ce document supplémentaire, il semblerait que celui-ci se le garde comme une poire pour la soif dans ses futures négociations avec l’UE.Le Brexit est le résultat d’une idéologie politique et non une décision basée sur des arguments économiques rationnels. C’est aujourd’hui toute une profession qui pédale pour essayer de contourner cet obstacle le plus efficacement possible. Les Britanniques sont pragmatiques, ils y arriveront, mais il y aura des dommages collatéraux : le consommateur britannique, privé d’une diversité et d’un choix qu’il considérait comme normal, et forcé de payer plus pour des vins sortant un peu de l’ordinaire, et les petits producteurs européens. À qui la faute ? Pour ceux qui auraient l’audace de poser la question, il y a un coupable parfait. Il s’appelle Covid.Si la situation n’était pas suffisamment préoccupante, nous avons aussi le spectre de l’introduction – repoussée déjà deux fois – des VI-1 fin 2021. Et même s’il est clair aujourd’hui que la campagne de lobbying de la WSTA a convaincu le gouvernement de l’inutilité de ce document supplémentaire, il semblerait que celui-ci se le garde comme une poire pour la soif dans ses futures négociations avec l’UE.Le Brexit est le résultat d’une idéologie politique et non une décision basée sur des arguments économiques rationnels. C’est aujourd’hui toute une profession qui pédale pour essayer de contourner cet obstacle le plus efficacement possible. Les Britanniques sont pragmatiques, ils y arriveront, mais il y aura des dommages collatéraux : le consommateur britannique, privé d’une diversité et d’un choix qu’il considérait comme normal, et forcé de payer plus pour des vins sortant un peu de l’ordinaire, et les petits producteurs européens. À qui la faute ? Pour ceux qui auraient l’audace de poser la question, il y a un coupable parfait. Il s’appelle Covid.


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