Grain de Sail, la voile au service des vins et spiritueux
Grâce à ses voiliers cargos, la compagnie malouine Grain de Sail séduit depuis cinq ans vignerons et maisons de spiritueux, attirés par l’image premium et les conditions de conservation idéales offertes par cette « cave flottante » unique en son genre. Rien de tel qu’une traversée de l’Atlantique à la voile pour valoriser des crus d’exception.
Parmi les références déjà confiées aux deux voiliers cargos Grain de Sail figurent le Château d’Yquem, les vins de Bourgogne de la Maison Albert Bichot ou encore les meursaults de Raphaël Coche-Dury. Ces cuvées d’exception nécessitent un transport irréprochable. « Grain de Sail a conçu des navires spécifiquement pour le vin. Nos voiliers maintiennent une température régulée entre 13 et 17 degrés °C, avec une émission carbone extrêmement réduite », souligne Olivier Barreau, cofondateur de la compagnie maritime. Désormais, les vins les plus sensibles traversent l’Atlantique dans des conditions optimales, renforçant leur image auprès des distributeurs et des consommateurs.
« Avec Trump, nous avons perdu 60 palettes à l’export »
L’armateur transporte également des barriques de rhum, de gin ou de vins posées sur des bers (structures conçues spécifiquement pour supporter des lourdes charges lors du transport, ndlr) et soumises à un vieillissement dynamique. Cette technique confère aux spiritueux des arômes inédits et suscite un engouement croissant. « Nous avons mené un test avec deux barriques de 225 litres de vin blanc. À la dégustation, les maîtres de chai étaient bluffés. Les bouteilles mises en vente ont rencontré un succès immédiat », raconte Olivier Barreau. Aujourd’hui, le vin représente 25% des cargaisons, une part qui devrait atteindre 40% d’ici un an.
À bord, l’équipage fait preuve d’une discipline sans faille. « Nos navires sont dits secs : les marins n’ont pas le droit de consommer d’alcool, même s’ils naviguent entourés de barriques pleines », sourit le dirigeant.
Cette expertise a séduit Armateurs de Rhum, jeune société malouine qui lancera en septembre 2025 une première référence co-brandée avec Grain de Sail, distribuée dans les grandes surfaces de l’ouest de la France. Une étape décisive qui pourrait déboucher sur une diffusion nationale dès 2026.
Interrogé sur la politique commerciale de Donald Trump, Olivier Barreau se montre prudent mais confiant : « La situation est ubuesque. Un peu malmenée actuellement par Trump, mais bon, tout ça va, à mon avis, très vite se décoincer. Nous avons tout de même perdu l’exportation de 60 palettes de vin. »
« Sans l’engagement de vignerons, Grain de Sail III ne sortira pas des chantiers »
Au-delà de la performance écologique, un transport quasi neutre en carbone, Grain de Sail défend le prix du fret. « Le surcoût du transport à la voile sur une bouteille de vin de grande qualité est dérisoire au regard de la valeur perçue », estime Olivier Barreau. Un argument qui convainc maisons de luxe, acteurs de la cosmétique et producteurs de spiritueux.
Avec 90 salariés, un chiffre d’affaires 2024 de 14 M€ et la construction du Grain de Sail III (110 mètres, 200 conteneurs, 35 M€ d’investissement), la société bretonne poursuit son essor. « Les vignerons bourguignons sont très intéressés par le Grain de Sail III, avec sa gestion de température et la possibilité de basculer sur des flux conteneurisés. Mais si le Grain de Sail II ne se remplit pas, notre prochain navire aura du mal à sortir des chantiers », prévient Olivier Barreau.
Nos « crazy frenchies », comme les surnomment les dockers new-yorkais du terminal CMI, prouvent qu’un vent porteur souffle désormais sur le transport maritime… et sur les vins et spiritueux français.



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